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Stratum 1, 2018.
Installation de photocopies numériques du dessin Schiste argileux (Sion).
Résidence La Ferme-Asile, Sion, Suisse.
A partir d'une pierre métamorphique de type schiste, argile pétrifiée, stratifiée et friable, arrachée d'un mur lors de cette résidence.
© Anaïs Lelièvre 2018

Lien vers les sculptures Stratus, produites en même temps, à partir du même dessin matrice.

 

 

 

 

 

DESSIN MATRICE : Schiste argileux (Sion), 2018, dessin et mots mêlés, crayon et encre (rotring) sur papier, 21 x 29,7 cm.

 

 

TEXTE DE VERONIQUE MAURON

«Anaïs Lelièvre est en résidence durant trois mois à la Ferme-Asile. L’artiste française a exploré son nouvel environnement et a retenu comme matrice de départ une argile pétrifiée qui se délite, arrachée d'un mur, en lisière de Sion. Cet objet prélevé dans la nature est soumis à l’observation fine et est dessiné. Puis, agrandi ou réduit par la photocopie, le dessin original est multiplié autant que nécessaire pour réaliser une installation in situ dans l’espace de l’atelier de la résidence. Stéphanie Le Follic-Hadida écrit : « L’artiste intègre dans le processus de fabrication le rythme structurel du cumul (en strates multiples) ou de la dispersion (isolement de détails) et parvient ainsi à induire une infinie variété d'impressions et le sentiment paradoxal d'une pluralité ». Entre l’écriture et l’architecture, entre l’organique et le minéral, entre le lourd et le léger, entre la pesanteur et l’aérien, l’installation d’Anaïs Lelièvre invente un paysage qu’elle décrit comme « effluves de pierre, graphisme des flots, […] espace friable, sans effondrement. La force du tourbillon, entre fleuve et air, au nom non élucidé, qui sert ici de point de repère ».»
 

 

 

NOTE ECRITE LORS DE LA RESIDENCE

«Dessins d'air et de lumière sur les pics enneigés, effluves de pierres, le graphisme des flots. Des bâtisses médiévales aux angles tranchés qui s'empilent et s'enchevêtrent, tels des reliefs escarpés. La perdition de l'espace orthogonal dans les glaciers qui s'arrachent et se soulèvent. Des roches éclatantes qui s'effritent, sans les toucher. Arracher ainsi d'un mur, en lisière de Sion vers ses bisses, une argile pétrifiée qui se délite. Rendre ses strates infimes dans le processus du trait qui cherche et hésite. Insister, reproduire, entasser et étaler, recouvrir. Du fragment à l'environnement. Un espace friable, sans effondrement. La force du tourbillon, entre fleuve et air, au nom non élucidé, qui sert ici de point de repère. Et puis des pierres peut-être comme des nuages échoués. Et si le lourd était léger. Et inversement. La densité en apesanteur.»