C L O C
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Lien vers le livre CLOC...


Les CLOCS sont des sculptures-performances créées par Anaïs Lelièvre, artiste plasticienne. Les premières CLOCS ont été cousues en décembre 2012 et animées par des performeurs en janvier 2013. Depuis elles se développent en se confrontant sans cesse à des situations nouvelles...

Les CLOCS sont des sculptures en métamorphoses incessantes, des performances improvisées qui interagissent avec tous contextes, des êtres indéfinis qui redécouvrent le monde hors des repères établis.

Les CLOCS sont des amas de vêtements usagés, cousus les uns aux autres par des liens élastiques, jusqu'à former une enveloppe que des corps en dessous revêtent comme leur peau et qu'ils viennent animer. Ces membranes relationnelles, plissées et imprévisibles, s'adaptent à des situations diverses, recréant chaque fois la surprise. Forme de vie en éclosion et en devenir, les CLOCS sont aussi une matrice qui suscite chez les passants des réactions multiples. Elles surgissent au détour de ruelles et autres recoins quotidiens pour renouveler et interroger notre manière d'exister dans l'espace public, d'y rencontrer l'autre, et de cohabiter avec lui.


Une manche qui brandit son trou noir jusqu’à devenir regard. Des coutures qui écartèlent la tension entre deux êtres. Une danse folle. Un œil tentaculaire ou hermaphrodite. Un râle, des cris entre rires et agonie. Un corps-à-corps à la fois fusion et conflit. De la meute animale à la division cellulaire. Ici un ver, non là un tas mort, des collines molles, ou une peluche de chair, une peau retournée, une tente effondrée, des éclats de lave haute-couture, l’invasion d’une marée rouge, l’aspiration d’une vague animale, l’araignée éléphantesque qui pendait sous ton lit, un extraterrestre non répertorié, une matrice du fond des temps, des méandres sans nom. L’inconnu en acte, la résistance de l’indicible, la présence irréductible. La chose rampe à nos pieds. On ose peut-être la toucher. L’hésitation du bout du doigt. Elle se retourne, s’agrippe à nos yeux puis nos jambes. Elle insiste. Nous sommes pris. On la caresse, elle nous tapote comme frappant à une porte. Jusqu’à ce qu’on se familiarise avec sa douce inquiétude. Alors elle glousse et nous murmure des secrets inaudibles. Ça pousse là-dessous. Ça frétille, ça vit. Le tiraillement des interstices. La naissance d’un œil ou d’une bouche qui te sourit. La fulgurance d’un pic. Un bras perce d’un coup sec. Déchirure abjecte. L’excroissance horizontale prend la figure d’une tête. Une tête béante, encore muette. Là-bas un autre corps qui pointe. Il se débat. Il se bat en lui-même. Des choses qui sortent, partout. Ils éclosent là, tous à la fois. Ils s’aident à naître. Ils s’extirpent. Une naissance collective. Des têtes ahuries. Des chevelures défaites comme à peine extraites du chaos originel. Des regards qui traversent. Fixes. Ils nous fixent. Effet miroir. Puis ils nous laissent.


Elle m’excède, elle m’emporte, elle m’insupporte. CLOC se développe d’une vie propre. C’est elle qui décide. Ceux qui l’incarnent sont emmêlés dans ses plis. Et qui veut la ressaisir s’y fait prendre par les pieds. Tu t’y échines et elle te tord le cou. C’est l’être-CLOC. Chacun a son être-CLOC. Une tache de confiture qui dégouline sur ton front. Ton ventre rebondi qui gêne ton accroupissement. Une boule sans tête dans une poussette. Un gilet abandonné virevoltant sur la rambarde d’escalier. Une valise grande ouverte sur un passage piéton. Une manche qui te fait trébucher. Le chignon qui se coince dans une porte. Trois petits fils qui se boulochent. Une grande flaque au fond du placard. Une tache infime sur ton bas noir. Ta tête qui tangue contre la barre. Un confetti qui reste. Le tuba qu’on oublie. La trace de poussière qui te colle. Tu tombes à terre et on t’applaudit. Ta couette plumée en boule de chair. Un caillou qui sort de ta bouche. Une rature dans ton esprit. Le rire rouge qui déteint sur les dents. L’ébullition du foetus ventriloque. Un grain de sable dans ta mâchoire inférieure. Un boulon dans ta chaussure crevée. Ta chevelure hirsute remplace ton visage. Un panneau rouge devant ta face. On te dit stop et tu n’entends pas. Tu attends que le monde s’envole et il regerbe en toi. Je suis une CLOC. Nous sommes tous des CLOCS.



DES CORPS INDÉTERMINÉS

Les CLOCS sont des sculptures-performances, entre-deux, entre les corps et le vêtement, entre l'inerte et le vivant, oscillant dans l'indétermination d'une zone frontière.

Les CLOCS sont des boules de vêtements cousus ensemble, entremêlant des robes de soirée en velours ou pailletées, des blouses de travail élimées, des pulls en cachemire ou angora, des cuirs de motards, des chemisiers tachés, des vestes mal taillées, des manteaux à boutons dorés, des survêtements de sport, des tee-shirts taille enfant, des jupes virevolant... La couture se fait avec un fil élastique qui s'étire, se contracte et se rétracte, emportant dans ses mouvements les tissus qui se plissent, se déplient, se replient, se redéploient. Ce magma complexe et fluctuant vient défaire la structure des vêtements, tant formelle que symbolique, engageant et pulvérisant leurs systèmes psychiques, culturels et sociologiques. Entre les plis, le fil apparent se tend, se détend et se retend, jouant des extrêmes de son élasticité. S'il vise à réunir, à fusionner, il affirme aussi par sa présence une coupure insistante. Parfois même il se rompt et éclate. ce qu'il montre en acte c'est la tension entre deux habits comme entre les individus qui y ont porté leurs marques. Entre fusion et séparation, l'espacement des mailles qui sans cesse s'écartent et se resserrent, donne à sentir une relation problématique, irréductible, qui de fait reste en battement.

Les CLOCS sont des enveloppes plissées qui ne s'animent que lorsque des corps vivants viennent de l'intérieur les déployer. Par leurs mouvements improvisés, ils les ouvrent et en découvrent une multiplicité de formes et d'évocations, qui étaient contenues en elles mais encore inactuelles. Ces sculptures mobiles sont définies comme indéfinies, toujours en remaniement, jamais définitives : des forces plutôt qu'une forme. Les vêtements usagers, telles des secondes peaux délaissées, sont ainsi revitalisés par des flux charnels pour donner naissance à un autre existant : un être muable et nomade, situé dans une zone trouble entre l'individuel et le collectif aux liens fluctuants, la bulle psychique et le corps social, l'humain et l'animal, le mort et le vivant, le chaos destructeur et la matrice originelle... Comme une cellule encore indéterminée, puissance de vie sans forme aboutie, réserve inépuisable de virtualités, dont le devenir est chaque fois réinventé. Volontairement ouvertes, imprévisibles, les CLOCS ont pour principe d'excéder toute mainmise, d'exploser toutes frontières, de générer la surprise.

Les CLOCS sont réelles et hallucinantes, existentielles et sans raison d'être, tactiles et insaisissables, définies et fluctuantes, accomplies et larvaires, plissées et germinantes, épuisées et explosives, retenues et excessives, tentaculaires et rétractées, naissantes et étouffées, fortes et impuissantes, vaines et battantes, vivantes et agonisantes, habitées et délaissées, perdues et retrouvées, chaotiques et matricielles, archaïques et utopiques, présentes et ailleurs, contextuelles et sans lieu fixe, nomades et insistantes, cellulaires et urbaines, charnelles et publiques, autour et dedans, peaux et viscères, vêtements et corps ouverts, internes et externes, montrées et cachées, organiques et désorganisées, monstrueuses et familières, folles et ordinaires, proches et imprévisibles, discrètes et incontrôlées, insupportables et inséparables, enveloppées et déliées, isolées et entrouvertes, closes et poreuses, mutiques et interactives, individuelles et collectives, énigmatiques et partagées, secrètes et regardées, directes et désorientées, intégrées et inadaptées, protectrices et perturbantes, douces et violentes, subversives et pacifiques, légères et graves, drôles et inquiétantes, ridicules et fantasmatiques, burlesques et tragiques, hypersociables et inconscientes, insensées et trop pleines de sens, ignares et questionnantes.



PERTURBER L'ORDINAIRE

Les CLOCS sont non seulement multi-formes mais aussi multi-contextes. Elles s'adaptent à divers sites, s'insinuent dans l'espace urbain et infiltrent l'ordinaire du quotidien pour en interroger les repères. Les CLOCS vont sans cesse à la découverte de nouveaux lieux où se produire et se reproduire : des lieux où vivre et des lieux à faire vivre, des lieux à envahir pour créer la surprise, des lieux où faire des rencontres, où interagir, des lieux à bouleverser et à renouveler... Les CLOCS peuvent investir des demeures intimes ou des lieux de passage, des jeux d'enfants ou des salles de travail, des boutiques de luxe ou de fripes, des constructions modernes ou des ruines anciennes, des jardins aménagés ou des forêts vierges, des no man's lands abandonnés ou des zones surpeuplées, des stations de métro, des zoos, des cages, des caves, des escaliers, des balcons, des baignoires, des lavabos, des laveries, des tunnels, des parkings, des marchés, des monuments, des bouches d'égout, des musées... Les CLOCS peuvent jouer avec du mobilier et de l'immobilier, dialoguer à leur manière avec les gens sur un canapé, autour d'un verre, au détour d'une ruelle... Les CLOCS aiment être surpris par des lieux atypiques ou créer la surprise dans des lieux formatés.



DES EXPÉRIMENTATION IMPROVISÉES

Les CLOCS sont conçues et façonnées comme des formes ouvertes, métamorphiques, destinées à s'adapter à tous contextes. Leur définition est toute entière relative, relation. Afin d'en actualiser les déclinaisons, le projet se déploie aussi dans la durée, par des sessions d'expérimentations. Confrontées à des cadres diversifiés, les CLOCS déclenchent des situations nouvelles, explorent et dévoilent d'autres possibilités d'elles-mêmes, éprouvant l'élasticité de leurs limites.

Les CLOCS, par nature imprévisibles, ne peuvent se travailler que dans l'improvisation. Si quelques axes peuvent être établis au préalable pour impulser la performance, les CLOCS débordent voire explosent tout cadrage. Pris dans la matière complexe d'une CLOC, le corps ne sait qu'elle sera l'incidence de sa gesticulation, selon s'il agit sur une zone plane particulièrement tendue, une manche qui s'agitera follement, ou une convergence condensant une multiplicité de plis intensément sensibles et réactifs. Le performeur évolue quasiment à l'aveugle, d'autant plus que les petites ouvertures entre les mailles qui permettent parfois de jeter un oeil vers l'extérieur, ne suffisent pas à retrouver ses repères dans le lieu. Aussi, même si la CLOC avait pour indication d'aller d'un point à un autre, elle dévie très souvent de toute trajectoire, se perd en des zigzags incompréhensibles, retourne sur elle-même sans le savoir.

Les CLOCS étant impossibles à maîtriser, leur improvisation ne peut être chorégraphiée. L'expérimentation peut être lancée par un léger fil conducteur, qui sera souvent détourné ou oublié, pour s'ouvrir à la possibilité d'imprévus qui créent l'événement. Ce que les CLOCS cherchent, malgré leur aveuglement qui les fait avancer à tâtons, c'est qu'il se passe quelque chose, mais "on ne sait quoi". Ce sont les CLOCS, telles qu'elles sont conçues et fabriquées, qui déterminent l'improvisation, ce sont leurs enveloppes et avec elles tout ce qu'elles impliquent et suscitent : ce sont leurs plis, leurs agencements, leurs formes, leurs matières, leurs élastiques, leurs longueurs, leurs tensions, leurs coutures à tel ou tel point d'un vêtement en rapport avec tel ou tel point d'un autre vêtement. Ainsi, les CLOCS échappent-elles à leur auteur et à leurs acteurs. Elles se développent d'une vie propre, comme un organisme autonome, selon une logique à la fois interne et relative que l'on ne saurait pleinement saisir.



INTERAGIR AVES LES PASSANTS

Les CLOCS sont d'autant plus imprévisibles qu'elles ne savent pas elles-mêmes ce qu'elles déclenchent. Si elles réagissent au contexte, le contexte réagit en retour. Souvent, c'est la réaction d'un passant qui fait qu'il y a événement. Un passant qui, dans son regard, son attention, son expression, son action, donne lieu d'être à cette CLOC absurde, errante, qui n'était qu'un tas de vêtements jetés. Les attitudes du public sont variées jusqu'aux extrêmes de la foule qui s'amasse et de l'indifférence feinte ou fuyante qui pose autant question. Des CLOCS qui arrivent ou qui sont déjà là, qui prennent vie, s'agitent, roulent, foncent dans un groupe guidé ou restent à peine mobiles, à la lisière entre le vivant et l'inanimé, mais qui se retrouvent vite encerclées. Des regards qui se tournent et se détournent, s'interrogent, interrogent les autres passants. De l'étonnement et des sourires, de l'inquiétude et des rires, des caresses ou le retrait, l'absence de parole ou des adresses à la CLOC, de la passivité ou l'acte de faire exploser le fil cousu pour ouvrir une voie de sortie, la croyance en une situation authentique ou la classification rassurante dans la catégorie "spectacle" jusqu'au don d'une pièce de monnaie à laquelle CLOC finira par tendre la main...

Les CLOCS sont des puissances de perturbation qui remettent tout en question. L'être-à-soi, l'être-au-monde, l'être-ensemble. Leur intense et étrange présence ravive l'ambivalence du premier rapport à l'Autre. À l'Autre en face et à l'Autre en soi. À l'Autre monstre ou alien, né de notre imaginaire, comme à l'autre animal, foetal, cellulaire, issu d'une mémoire enracinée dans le corps. La surprise d'une nouveauté se mêle aux reflux d'une origine oubliée. À la fois l'absurde d'une communication impossible et l'ouverture à d'autres modes d'interactions dont on s'interroge encore sur les significations.

Les CLOCS sont de petites poussières, de minuscules grains de sable, qui s'immiscent dans un espace établi, orienté par un fonctionnement défini, pour impacter des enjeux élargis. Aussi les CLOCS suscitent-elles un questionnement existentiel engageant la manière d'habiter et de cohabiter, et dans lequel convergent aussi des questions psychologiques mettant en jeu la relation entre le moi et l'Autre, des questions sociales touchant à la marginalité des personnes errantes, sans domicile fixe, des questions politiques liées à l'espace public, notamment au système institutionnel.



UN PROJET EN EXCROISSANCE

CLOC est issue de ZIP, une enveloppe collective en cuir noir. CLOC s'est émancipée de son poids, par le tissu et ses dimensions individuelles, afin de se déplacer et de s’adapter aux lieux rencontrés. CLOC s’est démultipliée telle une population parallèle ou une cellule proliférante, suivant le fantasme d’une invasion à l’échelle du paysage, qui prolongerait l'installation Flottement cellulaireCLOC a d'abord expérimenté des espaces isolés, puis cette bulle s'est ouverte aux réactions imprévues du public, avec lesquels elle interagit. CLOC, d’abord lente et rampante, passe des micro-mouvements de ZIP, naissance troublante de la vie, à l’explosion de plus en plus vive de manches, jupes et autres excroissances, développées en tentacules expansives. CLOC, de petite bulle limaçante, sourde et insinueuse, est devenue une tempête volcanique qui s'impose dans une agitation quasi-hallucinatoire que l'on ne pourrait saisir, cerner, interrompre. CLOC en sacs plastiques aux mouvements très aériens, et gagnant en impact dans la quantité d'une matière qui appelait à encore plus de profusion, impulsa la naissance de longues tentacules et l’orientation vers des enjeux resserrés par sa résonnance écologique. Des CLOCS à fleurs vinrent alors germiner dans l'espace hyperurbanisé de Paris. Et des CLOCS aux matières plus riches, précieuses, brillantes, permettant à la lumière de sublimer ces tas de vêtements jetés, viennent contrecarrer et questionner l'évocation du sans-abris, comme la CLOC de soirée, la CLOC de mariée, la CLOC en fausses fourrures et bientôt la CLOC de luxe toute dorée… Et une CLOC géante, collective, la grande , impulse en matrice la naissance de petites CLOCS individuelles d'où s’extraient les performeurs, laissant s'exposer derrière eux des sculptures inertes. Des CLOCS d'un nouveau fonctionnement sont aussi en projet : des mécano-CLOCS animés par des mécanismes ou souffleries pour aller au plus loin dans la rapidité du mouvement vif dans lequel le corps humain s'épuise vite, et ouvrir à d'autres possibilités comme des CLOCS volantes.

Parallèlement,
les CLOCS se nourrissent de recherches sous la forme de dessins et de textes.



"CLOC" ?

CLOC-CLOQUER : « S'il tricote ... cloc ! cloc ! des harpions ! d'un bout de la galerie hop ! il rebarre cloc-cloquant ! » (A. Boudard, L'Hôpital, 1972). CLOQUER : En parlant de l'épiderme : se gonfler, se boursoufler. « Sa peau cloque » (Caput, 1969). En parlant d'un revêtement de mur : « des fissures se produiront et montreront, au hasard, l'ossature mal étudiée. Par le même effet, cet enduit, inéluctablement, "faïencera", c'est-à-dire qu'il sera coupé d'innombrables fissures capillaires par où la pluie pénétrera; la gelée intervenant, il cloquera et tombera » (Arts et littérature dans la société contemporaine, 1935). Cloquer une étoffe. Imprimer sur une étoffe des dessins en relief. CLOQUÉ : « Les taffetas traversés d'une grosse laine à tricoter ont le relief des cloqués » (Le Monde, 26 juillet 1951). En parlant des feuilles : « qui est atteint de la cloque ». CLOQUE : Boursouflure de la peau, remplie de sérosité et causée le plus souvent par une brûlure, un frottement ou une piqûre d'insecte. Boursouflure dans une couche de peinture, sur un papier humide, un papier mal collé, un cuir, etc. Maladie due à un champignon, qui attaque les feuilles des arbres. « Les vents et les acides de l'air la rongent, forment une croûte qui se boursoufle en cloques sèches et se détache comme l'écorce du platane. Cette pierre fait peau neuve » (P. Morand, Londres, 1933). Être couvert de cloques. Se boursoufler, se gonfler de cloques. Se soulever en cloques. Percer les cloques. « Chaque soir il perçait les cloques avec un cure-dents japonais et des petits jets d'eau se mettaient à jaillir » (J. Prévert, Paroles, 1946). Être en cloque : être enceinte. « Nous en avons assez d'être de simples hommes, des égoïstes nains qui se gonflent en cloques sur un membre de l'univers » (Romains, La Vie unanime, 1908). SE CLOQUER QUELQU'UN : « Se farcir quelques gazelles peu farouches... se les cloquer à son palmarès biroutier » (A. Boudard, Cinoche, 1974). S'EN CLOQUER : S'en moquer. « Vous vous êtes bien trompée : je m'en cloque » (Piron, Oeuvres posthumes, 1738).

CLOC : Son qui imite un bruit sec. CLOQUE : Forme normande de cloche. CLOCHE : Instrument à percussion creux et évasé. Instrument de musique en métal, en forme de coupe renversée, qu'on met en vibration et qui, sous le choc d'un battant à l'intérieur ou d'un marteau à l'extérieur, produit un son retentissant. Son de cloche : opinion très particulière sur une affaire ou un événement. Entendre un autre son de cloche. Sonner les cloches à quelqu’un : le réprimander vertement. « On dit aussi de ceux qui disent tantôt d'une façon, tantôt de l'autre : qu'ils sont comme les cloches, qu'on leur fait dire tout ce qu'on veut » (P. J. Leroux, Dictionnaire comique, 1718). Avoir la cloche fêlée : être fou. Personne stupide, incapable, ridicule. Maladroit, boiteux. Clochard. Ensemble, milieu des clochards. Être de la cloche, être à la cloche : mener la vie des clochards. Se taper la cloche : faire un bon repas. Couvercle de verre sous lequel on place le fromage pour l'empêcher de se dessécher. Abri de verre servant à hâter la pousse ou la maturité de certaines plantes. Appareil servant à recueillir un gaz ou à isoler un corps dans une atmosphère gazeuse. Cloche à oxygène. Objet creux qui recouvre, protège. Manteau de voyage, sorte de cape dont la forme rappelle celle d'une cloche. Dans un contexte grivois : Testicule. CLOCHER : Mettre sous cloche. Donner un aspect fermé à une passe de chapeau. Annoncer un événement à coups de cloche. Importuner, rebattre les oreilles. Présenter un caractère défectueux, aller mal, de travers. Boiter. Être bancal. Bâtiment, généralement élevé, dans lequel sont placées les cloches. Par extension, paroisse, lieu de naissance, d'habitation. Pays natal. CLOAK (anglais) : Grande cape. Under the cloak of darkness : à la faveur de l'obscurité. As a cloak for his illegal activities : pour cacher ou masquer ses activités illégales. TO CLOAK : revêtir d'un manteau. Masquer, cacher. Cloaked with or in secrecy/mystery : empreint de secret/mystère.

CLOC résonne comme un nom de personnage de dessin animé.

CLOC s'interroge sur sa structure visuelle : C..C presque une symétrie, une boucle bouclée ; C comme un cercle (O) avec une ouverture, à l'image d'une cloque ; C vers l'intérieur au début du mot, C vers l'extérieur à la fin comme un cercle ouvert sans fin, intérieur-extérieur, ouverture-fermeture ; O qui, s'il était aussi superposé du L (l en minuscule), formerait deux C qu'il semble condenser tout comme le signe 
philosophie φ autant qu'une évocation sexuelle à l'image de celle qui émerge des grands dessins vulvaires...





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© Anaïs Lelièvre 2012-2015