Photo Robert Hofer

STRATUM 1, 2018
Installation, papier (format A3 découpé) imprimé du dessin Schiste argileux (Sion), planches et mobilier récupérés sur site, salle de 35 m2
Résidence La Ferme-Asile, Sion, Suisse

 

Par sa reproduction numérique avec des rétrécissements et agrandissements progressifs, un dessin-source, de petit format, est réactivé pour déployer une multiplicité d’espaces. Tracé par couches successives (au crayon puis au stylo fin puis épais), Schiste argileux (Sion) figure les strates d'une pierre de schiste arrachée d'un mur en bordure de Sion lors d'une résidence en Suisse. Ramassant différents niveaux d'échelle, l'exploration du Valais fut autant marquée par la marche sur le sol instable des glaciers et la documentation sur le risque sismique local lié aux failles des plaques tectoniques. Mis en place dans ce contexte, Stratum 1 recouvrait la totalité de l'atelier de strates de bois puis de papier imprimé jusqu'à tendre à un effritement de l'espace architectural.

 

Notes en résidence / La Ferme-Asile, Sion, Suisse : « Dessins d'air et de lumière sur les pics enneigés, effluves de pierres, le graphisme des flots. Des bâtisses médiévales aux angles tranchés qui s'empilent et s'enchevêtrent, tels des reliefs escarpés. La perdition de l'espace orthogonal dans les glaciers qui s'arrachent et se soulèvent. Des roches éclatantes qui s'effritent, sans les toucher. Arracher ainsi d'un mur, en lisière de Sion vers ses bisses, une argile pétrifiée qui se délite. Rendre ses strates infimes dans le processus du trait qui cherche et hésite. Insister, reproduire, entasser et étaler, recouvrir. Du fragment à l'environnement. Un espace friable, sans effondrement. La force du tourbillon, entre fleuve et air, au nom non élucidé, qui sert ici de point de repère. Et puis des pierres peut-être comme des nuages échoués. Et si le lourd était léger. Et inversement. La densité en apesanteur. »

 

Véronique Mauron : « Anaïs Lelièvre est en résidence durant trois mois à la Ferme-Asile. L’artiste française a exploré son nouvel environnement et a retenu comme matrice de départ une argile pétrifiée qui se délite, arrachée d'un mur, en lisière de Sion. Cet objet prélevé dans la nature est soumis à l’observation fine et est dessiné. Puis, agrandi ou réduit par la photocopie, le dessin original est multiplié autant que nécessaire pour réaliser une installation in situ dans l’espace de l’atelier de la résidence. Stéphanie Le Follic-Hadida écrit : « L’artiste intègre dans le processus de fabrication le rythme structurel du cumul (en strates multiples) ou de la dispersion (isolement de détails) et parvient ainsi à induire une infinie variété d'impressions et le sentiment paradoxal d'une pluralité ». Entre l’écriture et l’architecture, entre l’organique et le minéral, entre le lourd et le léger, entre la pesanteur et l’aérien, l’installation d’Anaïs Lelièvre invente un paysage fluctuant. »

 

 

CONTEXTE / Suisse - Glacier d'Aletsch - Mur de schiste s'effritant, à la lisière de Sion

 

 

DESSIN-MATRICE / Schiste argileux (Sion), 2018, dessin et écriture, crayon et encre sur papier, 21 x 29,7 cm

Détail

 

 

MONTAGE / EMBALLAGE